Des recherches menées par dix associations de consommateurs soulignent l'urgence de protéger les Européens contre l'acrylamide, une substance identifiée comme pouvant provoquer le cancer, que l'on trouve dans les frites, chips et biscuits.
Frites croustillantes, chips salées, pain grillé, et même café instantané... tous ces aliments contiennent de lacrylamide, une molécule formée lors de la cuisson à haute température (120 °C) de certains sucres et acides aminés. Depuis plusieurs années déjà, ses risques cancérigènes sont largement documentés. Les Européens sont exposés à cette substance non seulement par la consommation de produits industriels, mais aussi à travers des préparations faites maison, notamment lorsque les frites sont cuites à des températures dépassant 175 °C.
Une enquête révélatrice
Dix associations de consommateurs ont réalisé une étude approfondie à l'échelle européenne, analisant près de 500 produits alimentaires. Les résultats, publiés par le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) le 6 mars, sont alarmants.
« Les biscuits et gaufrettes ordinaires sont particulièrement critiques, avec un tiers des échantillons affichant des niveaux d'acrylamide égaux ou supérieurs aux seuils de référence », notent les rédacteurs du rapport. Ces conclusions sont préoccupantes, d'autant plus que les jeunes enfants, souvent consommateurs de ces produits, sont exposés à des niveaux d'acrylamide supérieurs à ceux autorisés pour les aliments destinés aux bébés. Environ 13 % des aliments pour bébés, presque 8 % des chips, et 3 % des frites ne respectent pas les normes réglementaires.
Appel à renforcement de la réglementation
Depuis 2015, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a déjà classé l'acrylamide comme un « problème de santé publique ». Depuis avril 2018, l'Union Européenne a mis en place des directives pour limiter sa présence. Ainsi, les acteurs de l'agroalimentaire, les fast-foods et restaurants doivent s'assurer que les niveaux d'acrylamide restent en dessous de seuils indicatifs. Des recommandations existent, comme l'utilisation de variétés de pommes de terre moins susceptibles de produire cette substance, un stockage adéquat et une cuisson à des températures moins élevées.
Cependant, selon les associations, cette réglementation actuelle est insuffisante. Elles appellent la Commission européenne à renforcer les réglementations existantes, en abaissant les seuils autorisés et en imposant des normes plus strictes aux fabricants.
De plus, certains produits non réglementés nécessitent une surveillance plus rigoureuse. « Les analyses révèlent que, en moyenne, les chips de carottes, betteraves ou panais - souvent perçues comme des alternatives plus saines - contiennent deux fois plus d'acrylamide que celles à base de pommes de terre », observe le Beuc.







