Dans nos cuisines modernes, les aliments ultra-transformés, pratiques et souvent savoureux, occupent une place de choix. Pourtant, quatre experts en nutrition dénoncent certains choix alimentaires qu'ils évitent à tout prix en raison de leurs effets néfastes sur la santé.
Des snacks comme les bâtonnets de poisson, bonbons ou plats prêts à consommer envahissent les supermarchés et nos placards. Après avoir longtemps été appréciés pour leur praticité, ces aliments sont désormais sous l'œil vigilant des chercheurs en nutrition et en chimie alimentaire.
Les chips et l'addiction alimentaire
Pour Johannes Hebebrand, professeur de psychiatrie de l’enfance à l’université de Duisbourg-Essen, les chips symbolisent bien le débat autour de l'addiction alimentaire. Si l'on peut les consommer sans limite, notamment en regardant la télévision, cela ne signifie pas qu'elles provoquent une altération de la conscience. "Les chips ne modifient pas ma conscience", affirme-t-il, insistant sur le fait que l'environnement alimentaire pose plus de problèmes que le produit lui-même. Il préconise une réglementation de l'accès à ces aliments pour en limiter la consommation excessive.
Des aliments conçus pour le profit
Alexandra DiFeliceantonio, neuroscientifique à l’Institut Fralin aux États-Unis, étudie l’impact des aliments ultra-transformés sur nos cerveaux. Elle s’inquiète des procédés industriels conçus pour maximiser l’attractivité, souvent au détriment de la valeur nutritive. Selon elle, l'industrie alimentaire actuelle vise à générer du profit, plutôt qu’à promouvoir la santé : "Le système alimentaire actuel n’a pas été conçu pour notre santé, mais pour le profit". Elle argue que les bonbons, sodas et autres snacks ne sont pas de simples choix pratiques, mais conçus pour provoquer des comportements compulsifs, plaidant pour des politiques publiques visant à améliorer l'accès à des aliments plus sains.
Le danger des aliments faits maison
Enfin, Monika Pischetsrieder, professeure en chimie alimentaire, avertit qu’un bacon fait maison n'est pas automatiquement un choix sain. Elle souligne que la qualité des ingrédients et leur équilibre nutritionnel sont déterminants. Les aliments ultra-transformés ne doivent pas être systématiquement diabolisés ; par exemple, un houmous bio contenant de nombreux ingrédients sains peut être préférables à un bacon fait maison. Pischetsrieder éviterait donc les aliments riches en sucres ajoutés ou en sel sans justification.







