Les aliments ultra-transformés peuvent être nocifs pour notre santé, et leur consommation augmente fréquemment, rendant difficile leur élimination de notre alimentation. Mais s'agit-il d'une dépendance réelle ? Des spécialistes proposent des pistes de réflexion.
Que ce soit pour satisfaire une envie de sucré ou de salé, ces produits sont souvent très attirants. Il n'est pas rare de se retrouver à dévorer un paquet de chips ou à craquer pour une sucrerie. D'après l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ces aliments représentent en moyenne près d'un tiers de notre apport calorique quotidien.
La fabrication de ces produits implique divers procédés de transformation et l'utilisation d'additifs, influençant leur texture et leur goût. En conséquence, même s'ils peuvent sembler savoureux, ils présentent une faible qualité nutritionnelle et entraînent des risques pour la santé à long terme. Plusieurs études évoquent notamment un lien entre leur consommation et certaines maladies, telles que des troubles métaboliques ou des cancers.
Vous êtes conscient des risques, mais n'arrivez pas à résister
Selon le docteur Chris van Tulleken, auteur de Ultra-Processed People, entre 10 et 20 % des consommateurs de ces aliments souffrent d'une forme de dépendance, comparable à celle associée à des substances comme l'alcool ou la cocaïne. Cette situation se manifeste par la connaissance des effets nuisibles de ces produits, mais une incapacité à s'en passer.
La chercheuse Tera Fazzino explique que ces aliments souvent appréciés contiennent des combinaisons de nutriments qui rendent leur consommation presque irrésistible. Les mélanges de graisses, de sucres et de sels stimulent notre appétit d'une manière peu commune.
Vous perdez le contrôle sur vos portions
Un autre signe révélateur d'une addiction peut être le fait de vider en une seule séance un paquet entier d'encas, sans même s'en rendre compte. Cette perte de contrôle sur la quantité consommée correspond à l'un des critères de la Yale Food Addiction Scale.
Les aliments riches en graisses et en sucres activent les circuits de récompense du cerveau, ce qui complique la gestion de leur consommation. Une étude de 2020 dans le BMJ indique que les glucides raffinés et les graisses peuvent provoquer des pics similaires de dopamine à ceux observés avec des drogues comme la nicotine.
Des envies démesurées se manifestent
Un désir intense pour certains aliments peut indiquer des besoins physiologiques, mais des fringales excessives pour des produits riches en graisses ou en sucres peuvent signaler une forme de dépendance. Le docteur Ashley Gearhardt affirme que bon nombre de ses patients expriment des envies puissantes pour ces aliments ultra-transformés, ce qui entrave souvent l'adoption d'un régime alimentaire plus équilibré.
Elle ajoute que cela active des circuits cérébraux similaires à ceux impliqués dans les envies de substances addictives. Notre cerveau n'a pas encore bien intégré ce mécanisme de stimulation induit par ces aliments, rendant souvent difficile de se dire qu'il est temps de s'arrêter.







