En Thaïlande, derrière les saveurs fraîches et épicées d'un plat traditionnel adoré par les visiteurs se cache une menace invisible. Chaque année, ce délice fait silencieusement des milliers de victimes.
Lors d'un voyage, goûter aux spécialités locales est tentant. Cependant, dans la région de l'Isaan, au nord-est du pays, un plat réputé, le koi pla, fait des ravages. Cette salade de poisson cru, hachée, agrémentée d'herbes, d'épices et de citron vert, séduit tant les habitants que les touristes. Bien que savoureux, ce plat dissimule une dangerosité incroyable, entraînant environ 20 000 décès par an.
Les dangers invisibles du koi pla
Le véritable coupable n’est pas le poisson lui-même, mais un ver plat microscopique, la douve du foie. Présent dans les poissons d'eau douce de la région du Mékong, ce parasite s'infiltre dans les voies biliaires et peut causer, à long terme, un cancer du foie particulièrement agressif nommé cholangiocarcinome. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), deux espèces sont principalement en cause : Fasciola hepatica et Fasciola gigantica.
Le cholangiocarcinome se déclare souvent trop tard, les symptômes tels que jaunisse, démangeaisons et douleurs abdominales n’apparaissant que des années après l'infection. Sans intervention chirurgicale, le taux de survie est extrêmement faible, et l'Isaan détient la plus forte incidence au monde.
Une lutte personnelle contre le fléau
Face à cette menace, le docteur Narong Khuntikeo s’engage dans une bataille personnelle. Chirurgien spécialisé dans les maladies du foie, il a perdu ses deux parents à cause du koi pla contaminé. Désireux d’éduquer la population, il parcourt les villages avec une équipe de médecins, scientifiques et anthropologues pour détecter les cas et sensibiliser les habitants.
Utilisant échographes et tests d’urine, ils ont découvert des statistiques alarmantes : dans certaines communautés, plus de 80 % des individus sont infectés. Le Dr Khuntikeo s’efforce d’encourager la cuisson du poisson, bien que beaucoup préfèrent le koi pla cru, par respect des traditions ou par goût.
Conseils aux touristes : prudence à table
Pour les voyageurs, le danger est bien réel. D'après l'OMS, en 2021, plus de 2,4 millions de personnes étaient infectées par la douve du foie à travers près de 70 pays, faisant de la Thaïlande l'une des zones les plus à risque. La meilleure précaution reste d'éviter tout poisson cru d’eau douce dans cette région.
Si vous aspirez à savourer la cuisine thaïlandaise, il est préférable de se tourner vers d’autres spécialités sans risque, comme le curry, la soupe au lait de coco ou le pad thaï. Des plats tout aussi délicieux, mais sans dangers cachés. En voyage, la prudence est essentielle, même lors de vacances idylliques.







