Un agneau, connu sous le nom de Rubis, génétiquement modifié avec une protéine issue de méduse, a été envoyé à l'abattoir et a finalement été vendu à un consommateur. Originellement destiné à un programme de recherche mené par l'Institut national de recherche agronomique (Inra), cet agneau a vu son destin basculer brusquement le 28 octobre 2014.
Se trouvant dans un cadre de recherche, Rubis a été intégré dans le circuit alimentaire, ce qui a conduit l'Inra à alerter les autorités judiciaires de cette situation inédite. L'agence souligne que, malgré sa modification génétique, cet animal ne présente pas de risque pour l'environnement.
L'alerte sur la circulation de l'agneau
Comment une telle situation a-t-elle pu survenir ? L'Inra a évoqué des tensions internes au sein de la structure où l'agnelle était gardée, ainsi que des comportements individuels pouvant compromettre les missions de l'établissement. Suite à cette révélation, une enquête administrative a été lancée et des mesures sévères ont été prises : suspension des ventes de bétail, mise à pied de l'agent impliqué dans cette affaire, cessation des expérimentations, et destruction des matériaux modifiés présents sur le site.
Des conséquences légales à la clé
Le responsable de cette mise sur le marché risque jusqu'un an d'emprisonnement ainsi qu'une amende de 75 000 euros, comme l'a précisé Benoît Malpaux, le directeur de l'Inra de Jouy-en-Josas. L'affaire a été transmise au pôle de santé publique du Tribunal de grande instance de Paris, soulevant d'importantes questions éthiques.
Les implications de la protéine de méduse
La commercialisation de cet "agneau-méduse" suscite de vives inquiétudes dans un pays qui prohibe la vente d'animaux génétiquement modifiés. Le programme de recherche, inconnu du grand public, visait à explorer l'utilisation d'une protéine nommée GFP (protéine fluorescente verte), tirée de méduse, dans des traitements cardiaques. L'Inra assure que cette protéine, largement utilisée dans des études en cancérologie et d'autres domaines de recherche, n'est pas toxique pour l'homme et que Rubis ne l'exprimait pas.







