Une récente enquête européenne révèle qu'environ 50 % des pots de miel contiennent des sucres ajoutés ou des mélanges douteux. Voici comment s'assurer de l'origine de votre miel en faisant preuve de vigilance dans les rayons.
Au supermarché, les étiquettes promettent monts et merveilles : miellat de fleurs, d'acacia ou de montagne. Pourtant, il est essentiel de savoir différencier les miels authentiquement français des produits importés. Le journaliste et militant Hugo Clément conseille de porter une attention particulière à l'étiquette pour mieux comprendre l'origine du miel que vous considérez.
méfiez-vous des fausses promesses
La DGCCRF a alerté depuis 2013 sur des produits trafiqués, contenant jusqu'à 44 % de sucres issus de canne ou de maïs, voire d'eau. Plus récemment, une étude de la Commission européenne a révélé que 46 % des 320 échantillons importés étaient susceptibles de ne pas respecter les normes en vigueur. Ces pratiques altèrent non seulement les prix, mais également la traçabilité du produit.
Dans certains lots suspectés de fraude, des sirops de betterave, de riz ou de blé sont utilisés pour diluer le miel, puis reconditionnés avec une filtration et colorations douteuses. Éric Jamin, expert chez Eurofins, décrit ces ajouts comme l'une des escroqueries les plus lucratives. Ainsi, le consommateur peine à faire la différence entre les différentes origines des produits. Les étiquettes peuvent parfois afficher des mentions floues comme "mélange de miels originaires de l'UE et hors UE", sans spécifier les pays ni les proportions exactes.
un coup d'œil déterminant
Le premier reflexe est de vérifier le couvercle. Comme l'indique Hugo Clément sur France Inter, "acheter une marque française ne garantit pas que le miel provienne effectivement de France". Sur le capuchon, des abréviations comme ROU pour la Roumanie ou UKR pour l'Ukraine peuvent apparaître, tandis que 100 % origine France assure une récolte sur le territoire français. Bien que ces sigles ne soient pas standardisés, leur présence peut clairement indiquer l'origine du produit. L'absence d'informations claires peut conduire à se fier à des pots qui précisent l'origine par écrit.
Lors de votre achat, pensez à examiner :
- la mention "récolté et mis en pot par l'apiculteur".
- les labels AOC ou IGP, gage d'authenticité et de qualité.
- la zone autour de la date de durabilité minimale, qui contient souvent des codes d'origine.
changements à venir pour une meilleure transparence
À partir du 14 juin 2026, une directive européenne imposera l'affichage des pays de récolte sur l'emballage, et pour les mélanges, les pays d'origine devront être clairement mentionnés. Cette obligation vise à garantir une information claire pour le consommateur. Actuellement, de nombreuses étiquettes affichent encore des informations générales. Il est donc d'autant plus crucial de scruter les détails afin d'éviter les faux-semblants.
Avec l’entrée en vigueur de la Directive (UE) 2024/1438, les emballages devront indiquer les pays d'origine par ordre décroissant, ainsi que les pourcentages associés, permettant ainsi une meilleure comparaison en magasin. En attendant, le duo couvercle et date de durabilité minimale demeure votre meilleur allié pour authentifier l'origine de votre miel avant de faire votre choix.







