Entretien.- Le chef a traversé l'histoire avec quatre présidents et des millions de repas préparés. De la victoire des Bleus en 2018 aux attentats du 13 novembre, voici comment il a vécu les soubresauts de l'Histoire des cuisines du Palais.
"Après vingt-cinq ans d'engagement, il était temps de passer le flambeau", déclare Guillaume Gomez. À 42 ans, il a cédé les commandes de la brigade élyséenne à Fabrice Desvignes. Nommé ambassadeur de France pour la gastronomie, il projette désormais d'intégrer les produits du terroir dans la cuisine mondiale. Arrivé au Palais sous Jacques Chirac, ancien militaire et Meilleur Ouvrier de France, il partage ses souvenirs de ces millions de repas préparés pour les présidents et leurs invités.
Débuts au cœur du pouvoir
Madame Figaro. - Votre parcours est impressionnant, surtout pour un jeune qui a été nommé Meilleur Ouvrier de France à 25 ans. Quels nouveaux horizons envisagez-vous après ces années à l'Élysée ?
Guillaume Gomez.- J’ai su très tôt que la cuisine serait ma voie. En m'inscrivant au concours des MOF, je ne pensais pas devenir le plus jeune lauréat. Ce titre m'a rapproché des producteurs et m’a donné la responsabilité de représenter la France et son savoir-faire gastronomique. Aujourd'hui, je veux être l’interlocuteur des acteurs de cette gastronomie.
Souvenirs marquants et défis relevés
Quel moment reste gravé dans votre mémoire ?
La remise de mes insignes de MOF par Jacques Chirac a été inoubliable. J'ai eu le privilège de partager des instants exceptionnels avec plusieurs présidents. Cela inclut ma rencontre avec la reine d'Angleterre, où elle m'a fait part de l’impact de l’hospitalité française sur ses visites.
Et le pire souvenir ?
Les attentats ont été une période difficile. Nous étions dans un lieu sensible, avec une responsabilité immense. Nourrir les chefs d'État lors de moments critiques tout en rassurant nos équipes ne fut pas une mince affaire.
Cuisiner dans l'imprévu
Chaque journée à l'Élysée était-elle similaire ?
Non, c’est pour cela que j’y suis resté si longtemps. Chaque événement était unique, qu'il s'agisse d'un repas en tête-à-tête ou d'un festin pour des militaires en mission. Offrir un repas de Noël à ceux qui mangeaient des rations était à chaque fois un moment touchant.
Avez-vous été confronté à des demandes inattendues lors de dîners d'État ?
Jamais de caprices, seulement des ajustements de dernière minute. Parfois, des événements inattendus, comme la présence de l'équipe de France de football, nécessitaient une flexibilité immédiate.
Qu'est-ce qui motive votre engagement actuel ?
Je parraine l'Année internationale des fruits et légumes et ambitionne d’encourager une alimentation centrée sur le végétal. Mon prochain livre sera dédié à la cuisine végétale, visant à valoriser notre riche terroir à travers une gastronomie gourmande et responsable.
Enfin, parlez-nous de votre rôle au sein du Club des Chefs des Chefs.
En tant que représentant de la gastronomie française, j’accueille des chefs du monde entier, mettant en avant notre savoir-faire et les enjeux sociétaux et environnementaux liés à la cuisine. L’événement est un pas vers la diplomatie culinaire, célébrant la diversité gastronomique et les valeurs de notre pays.







