Une étude approfondie révèle que la consommation de charcuterie, bien qu'irrésistible pour beaucoup, pourrait augmenter le risque de démence et de déclin cognitif avec l'âge.
Des recherches antérieures avaient déjà établi un lien entre une consommation régulière de charcuterie, comme le bacon et les saucisses, et un risque accru de cancer du côlon. Aujourd'hui, une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Harvard met en lumière un lien préoccupant entre ces viandes transformées et une détérioration des fonctions cognitives en vieillissant. Les recommandations des autorités sanitaires de limiter la viande rouge et les viandes transformées se basent, en plus de leur potentiel cancérigène, sur leur association avec certaines maladies telles que le diabète. Cette étude, publiée dans la revue Neurology, est l'une des premières à établir un lien entre la consommation de charcuterie et une élévation des taux de démence.
Une diminution des capacités cognitives avérée
Cette recherche a analysé les réponses de plus de 130 000 professionnels de santé, qui ont régulièrement collecté des informations alimentaires détaillées de leurs patients. Ces données ont permis de mettre en évidence que la consommation accrue de viande rouge transformée est associée à un risque supérieur de démence, ainsi qu'à un déclin cognitif subjectif et à de moins bonnes performances cognitives.
Le Professeur Dong Wang, auteur principal de l'étude, affirme : "Nous avons observé que les personnes qui consomment plus de viandes transformées présentent des risques accrus de démence et de déclin cognitif."
Un risque accru de 14 % pour les consommateurs de charcuterie
Les résultats montrent que le risque de démence augmente de 14 % chez ceux qui consomment au moins deux tranches de bacon, une tranche et demie de mortadelle ou une saucisse par jour, comparativement à ceux qui en consomment moins d'une par jour. Les chercheurs poursuivent leurs investigations pour comprendre les mécanismes à l'origine de cette élévation du risque. Une hypothèse suggère que la viande transformée, associée à des problèmes tels que le diabète et les maladies cardiaques, pourrait également engendrer une hausse de la tension artérielle, préjudiciable à la santé cérébrale. D'autres considèrent que les nitrites présents dans ces viandes pourraient causer des dommages au niveau de l'ADN, impactant les cellules cérébrales.
Source : Long-Term Intake of Red Meat in Relation to Dementia Risk and Cognitive Function in US Adults, Neurology, janvier 2025







