Les débats autour de la consommation de beurre et de graisses saturées s'intensifient depuis 2016. Des recherches récentes mettent en lumière des effets positifs inattendus sur le cholestérol.
Des études aux résultats contrastés
Une étude conduite à l'Université de Tufts aux États-Unis a révélé en juin que consommer une cuillère à soupe de beurre par jour pourrait réduire le risque de diabète. Cependant, peu après, une étude de l'Université de Harvard a signalé que la graisse saturée pourrait augmenter de 8 % le risque de maladies cardiaques.
En réponse à ces résultats contradictoires, le professeur Dariush Mozaffarian a ensuite suggéré, en juillet, d'éviter au maximum les gras. Pourtant, une étude norvégienne publiée en novembre a contredit ces recommandations, prouvant que les graisses saturées peuvent stimuler les niveaux de bon cholestérol, en visant spécifiquement les participants obèses de l'Université de Bergen. Dans ce cadre, seuls ceux ayant suivi un régime riche en matières grasses ont observé une hausse de leur cholestérol HDL.
Les graisses saturées et le risque cardiaque
Les volontaires étaient divisés en groupes suivant des régimes alimentaires riches en glucides et en graisses, avec près de la moitié des graisses étant saturées. Les résultats ont montré que l'augmentation du gras n'a pas aggravé les risques de maladies cardiaques, selon le professeur et cardiologue Ottar Nygård. De nombreux paramètres de santé, tels que la graisse abdominale, la pression sanguine et les lipides sanguins, ont également montré des améliorations.
Les deux groupes de participants avaient des apports caloriques similaires, et les types d'aliments étaient globalement identiques, l'accent étant mis sur des choix alimentaires sains et peu transformés. La docteure en recherche Vivian Veum a précisé que les matières grasses utilisées, notamment le beurre et la crème, étaient peu transformées, favorisant ainsi des résultats santé optimaux.
La qualité au cœur de l'alimentation
Le total calorique était bien équilibré, et même ceux qui avaient augmenté leur consommation énergétique ont vu une réduction significative de leur graisse corporelle. Selon Johnny Laupsa-Borge, la clé d'une alimentation saine réside moins dans la quantité de gras ou de glucides, mais davantage dans la qualité des aliments ingérés.
Les graisses saturées ont longtemps été vilipendées pour leur lien supposé avec le cholestérol LDL, mais cette étude n'a révélé aucune hausse significative de ce dernier, tandis que le cholestérol HDL a augmenté. Nygård conclut que la plupart des individus en bonne santé peuvent tolérer une consommation élevée de graisses saturées, tant que celles-ci sont de qualité et en quantités appropriées. Il souligne que les inquiétudes autour des graisses de bonne qualité ont été excessivement amplifiées.
Enfin, le professeur Simon Nitter Dankel, à la tête de l'étude, appelle à se concentrer davantage sur la réduction des aliments transformés et du sucre ajouté, plutôt que de diaboliser les graisses saines.







