Depuis les années 1980, les édulcorants ont fait leur apparition dans notre alimentation, attirant ceux qui cherchent à perdre du poids ou à maîtriser leur glycémie. Toutefois, des études récentes remettent en question leur sécurité et leur efficacité en matière de santé.
L'aspartame, souvent sous le feu des critiques, a été classé en juillet dernier par le Centre international de recherche sur le cancer comme « peut-être cancérogène pour l'homme ». Sur la base de plus de 1300 études, des experts avancent un potentiel lien entre l'aspartame et certains cancers du foie. Une étude française publiée en mars 2022 dans Plos Medicine a même révélé que les consommateurs réguliers d'aspartame, d'acésulfame-K et de sucralose couraient un risque accru de développer des maladies graves.
Les faux amis de la perte de poids
Une directive récente de l'Organisation mondiale de la santé alerte sur le fait que les édulcorants « ne confèrent aucun avantage à long terme dans la réduction de la graisse corporelle chez les adultes ou les enfants ». En 2015, l'ANSES avait déjà conclu que les recherches ne prouvaient pas que ces produits contribuaient au contrôle du poids ou de la glycémie.
Pourquoi des produits sans calories ne nous aident-ils pas à maigrir ? Comme l'explique la diététicienne Marie-Laure André, « les gens compensent souvent leur consommation, pensant qu'ils peuvent se permettre quelques plaisirs supplémentaires en raison de la nature allégée de ces produits ». De plus, ces édulcorants pourraient perturber le microbiote intestinal, qui joue un rôle crucial dans la régulation du poids. Lorsque notre cerveau perçoit le goût sucré, il s'attend à recevoir des calories, et le manque de celles-ci peut engendrer des envies de sucre.
La prudence est de mise
Face à ces préoccupations sanitaires, devez-vous éliminer les édulcorants de votre alimentation ? Marie-Laure André rassure : « Une consommation occasionnelle d'aliments édulcorés ne pose pas de danger ». Les édulcorants sont soumis à des études approfondies avant leur commercialisation, et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) établit une dose journalière admissible (DJA) qui, pour l'aspartame, correspond à 40 mg par kilo de poids corporel par jour. Pour une femme pesant 60 kg, cela représente jusqu'à 2 400 mg d'aspartame, soit l'équivalent de 10 à 15 cannettes de boisson light.
Cependant, certains chercheurs suggèrent de réévaluer ces DJA, en raison de résultats d'études souvent divergents. La diététicienne admet que « les conclusions varient selon les financements des recherches, ce qui complique l'interprétation des résultats ».
Pour réduire sa consommation de sucre, André recommande de choisir des alternatives avec un index glycémique bas, comme le miel d'acacia ou le sirop de yacon, et de ne pas consommer de produits sucrés isolément, afin d'éviter les pics de glycémie.
La stévia, une alternative à envisager ?
Utilisée depuis des siècles par les Indiens Guaranis pour sucrer leurs infusions, la stévia est autorisée comme édulcorant en France depuis 2010. Bien qu'elle soit issue d'une plante, Marie-Laure André précise que les extraits de stévia (glycosides de stéviol) sont obtenus de manière chimique. Actuellement, aucune étude ne relie sa consommation à des risques accrus de maladies, mais elle peut aussi stimuler le goût sucré et amorcer des envies de sucre.
Notre experte : Marie-Laure André, diététicienne







