Après des années de quotas drastiques et d'incitations à réduire sa consommation, peut-on aujourd'hui savourer le thon rouge en toute sérénité ? Avec l'introduction de l'écolabel public « Pêche durable » cet été, faisons le point sur la situation.
Distinguer les sortes de thon
Il est crucial de comprendre les distinctions entre les différentes espèces de thon. On parle souvent de « thon rouge », mais cette appellation recouvre plusieurs variétés. Le thon rouge de l'Atlantique, thunnus thynnus, est celui que l'on rencontre le plus souvent en Europe. Pour comprendre la situation, il est essentiel de distinguer ce thon des autres, comme le thon albacore, principalement pêché dans l'océan Indien et dans le centre de l'Atlantique. Bien que le thon albacore soit plus courant dans les assiettes, il n’en demeure pas moins que son stock est également sous pression.
Les enjeux de la pêche durable
La surpêche pose un risque sérieux pour les stocks de thon. Selon Jérôme Lafon de France AgriMer, la pêche commerciale ne mènera pas à l'extinction du thon rouge, même si elle réduit sa biomasse. En revanche, François Chartier de Greenpeace France met en garde contre la possibilité d’un effondrement complet des stocks, rappelant l’effondrement des morues de Terre-Neuve dans les années 1990 comme un avertissement. Alors qu'en 2019, le quota de thon rouge a été fixé à 5 458 tonnes, la réalité de la surpêche reste complexe, notamment en raison de la pêche illégale qui fausse les chiffres.
Vers une consommation responsable
Alors, est-il acceptable de consommer du thon rouge ? Pour Stéphane Minot, Meilleur Ouvrier de France poissonnier, un apport occasionnel est envisageable, tant que cela demeure raisonnable : « שני fois par mois, c'est tout à fait acceptable ». De plus, la plupart du thon rouge pêché en France est exporté vers le Japon, ce qui limite l’offre locale. Il devient donc essentiel de choisir judicieusement le thon que l'on consomme, en faveur de pratiques durables et responsables.
Avec l'écolabel « Pêche durable », le consommateur pourra mieux identifier les produits respectant l'environnement. Cependant, la question reste d’actualité : jusqu'où peut-on aller sans compromettre la survie de cette espèce emblématique ? Agir en consommateur éclairé est la clé vers une pêche plus respectueuse et, par extension, un océan en meilleure santé.







